Des professionnels de la santé démotivés

6869336880_8e763b786a_kLa Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) a mené, au Bas-Saint-Laurent, dernièrement, un sondage auprès de ses membres. Le résultat de la consultation est des plus inquiétant. Il démontre que plus de la moitié des professionnels (61 %) songeraient à quitter définitivement la profession si la situation actuelle devait perdurer.

Les professionnels de la santé se disent épuisés par une surcharge de travail, de plus ils ont le sentiment de ne pas avoir accompli leur devoir. Ils sont à bout de souffle et n’ont plus le temps de donner les soins de base à leur clientèle.

Les coupures ont fait mal

Selon la présidente de la FIQ, Régine Laurent, les compressions de 20 millions de dollars annoncées en juin 2016 par le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) du Bas-Saint-Laurent ne permettent pas aux infirmières de faire leur travail de façon adéquate et compromettent sérieusement la qualité et la sécurité des soins prodigués.

Environ 86 % des personnes interrogées disent ne pas pouvoir renseigner les patients sur les indications et contre-indications relatives à leur médication. « Quand on n’a pas le temps d’expliquer les effets secondaires d’une médication aux patients […] on nous force à travailler contre notre volonté et notre code de déontologie. Et, si par malheur, il arrive quelque chose, je suis responsable, je viens de lui donner la médication. »

Autres résultats du sondage

Près de 89 % des professionnels en santé déclarent ne pas avoir le temps d’enseigner aux patients à reconnaître les signes d’infection, 82 % terminent leur quart de travail plus tard et 57 % affirment le commencer plus tôt pour avoir le temps de tout faire tandis que 95 % prétendent ne plus avoir le temps de renseigner les patients sur les saines habitudes de vie adaptées à leurs conditions.

Une solution

Selon Régine Laurent, l’une des façons de s’assurer de dispenser des soins de qualité serait de désengorger le système de santé, en créant de petites cliniques gérées par des infirmières praticiennes, ça se fait présentement en Ontario.

Régine Laurent ajoute toutefois que « cela prendra du courage politique pour créer de telles cliniques, » et répète que « ce n’est pas tout le monde, à chaque visite, qui a besoin de voir un médecin. »

La question qui tue

Comment se fait-il que dans l’état considéré comme étant le deuxième plus taxé au monde, on se retrouve avec le pire système de santé?
Billos

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